Aymeric, pouvez-vous nous présenter 425PPM, votre parcours, et expliquer en quoi les relations presse et le marketing digital sont devenus, selon vous, des leviers décisifs pour les entreprises à impact que vous accompagnez ?
425PPM est née d'une conviction très simple : les entreprises qui changent la donne niveau sociétal ou environnemental ont un problème de visibilité. Elles innovent, elles résolvent des problèmes concrets, décarbonation, mobilité durable, économie circulaire, mais quasi personne ne les connaît.
Mon parcours, c'est 15 ans dans la transition écologique et la mobilité durable. J'ai créé des entreprises et des événements clés du secteur, j'ai été advisor de plusieurs startups, deux fois lauréat du classement Choiseul « Ville de demain ». Mais à un moment, j'ai réalisé que le vrai goulot d'étranglement de la transition, c'était de visibiliser les solutions. Des solutions formidables existaient, mais elles restaient invisibles.
En octobre 2023, avec Martin Hildgen on a cofondé 425PPM — 425 parties par million, le seuil critique de concentration de CO₂ dans l'atmosphère qu'on a dépassé ces dernières années. Ce chiffre, c'est notre raison d'être : donner de la voix à celles et ceux qui agissent pour faire redescendre cette courbe.
Pourquoi les RP et le marketing digital sont-ils décisifs pour ces entreprises ? Parce qu'une entreprise à impact qui n'est pas visible ne peut pas recruter de clients, attirer d'investisseurs ni peser dans le débat public. Et parce que la crédibilité ne s'achète pas en publicité : elle se construit par des retombées presse, un bon référencement, un positionnement clair. C'est exactement ce qu'on fait : on combine relations presse, SEO, acquisition digitale et contenus pour structurer une notoriété durable et cohérente.
Vous partez d’un constat fort : les entreprises à impact changent la donne mais manquent cruellement de visibilité. Concrètement, quels sont les blocages les plus fréquents que vous observez chez vos clients (La Nef, TeleCoop, LibertéWatts, etc.) et comment votre méthodologie SEO / RP / acquisition permet de les débloquer ?
Le blocage n°1, c'est la dispersion. Beaucoup de nos clients arrivent en faisant « un peu de tout » : un post LinkedIn par-ci, un communiqué de presse par-là, un peu de SEA, de SEO, mais ont un site qui n'est pas optimisé et une page google my business sans avis. Chaque action est isolée. Il n'y a pas de fil rouge, pas de stratégie unifiée. Résultat : la notoriété ne se traduit pas en clients, et la croissance reste fragile.
Le deuxième blocage, c'est le message. Les entreprises à impact ont souvent un discours trop technique ou trop militant, qui ne parle qu'à des convaincus. Les journalistes, les décideurs, les clients potentiels ont besoin d'un angle concret : quel problème vous résolvez, pour qui, avec quels résultats.
Le troisième, c'est la temporalité. Beaucoup pensent les RP comme un « coup » ponctuel. Or, la visibilité se construit dans la durée : il faut un calendrier éditorial, des angles renouvelés, une présence continue.
Notre méthodologie repose sur l'alignement de trois piliers. Le SEO d'abord : on audite le site, on restructure l'arborescence, on produit du contenu éditorial ciblé pour positionner l'entreprise sur ses mots-clés stratégiques. Les relations presse ensuite : on construit un fichier presse sur-mesure, on pitch des angles personnalisés à chaque journaliste, on assure un suivi rigoureux. Et l'acquisition digitale enfin : on convertit la visibilité en traction commerciale, avec des tunnels de conversion optimisés.
Ce qui fait la différence, c'est que ces leviers ne fonctionnent pas en silo chez nous. Un article de presse génère un backlink qui renforce le SEO. Un bon positionnement Google crédibilise le pitch presse. Un message clair amplifie les chances d'être cité par les IA. C'est un triptyque : Autorité, Expertise, Confiance pensé pour des résultats durables.
Votre promesse est ambitieuse : en 6 mois, devenir une référence sur Google, dans les médias et dans les IA. Pouvez-vous détailler un cas très concret (par exemple Merci Paulo ou LibertéWatts) en expliquant les étapes clés, les arbitrages faits, et ce qui a réellement fait basculer les résultats (+900 % d’utilisateurs, +970 % de trafic…) ?
Prenons LibertéWatts, une startup rennaise qui rémunère les citoyens pour réduire leur consommation d'électricité aux heures de pointe via leur compteur Linky. L'application est brillante, le modèle est innovant, mais quand ils sont venus nous voir, ils étaient quasi invisibles. L'objectif était d'atteindre 5000 connexions en 3 mois.
La première étape a été de retravailler leur positionnement éditorial. On a arrêté de parler d'"effacement" un jargon technique pour parler de ce que les gens comprennent : « Gagnez de l'argent en consommant l'électricité au bon moment. » On a construit un storytelling autour du fondateur, Guillaume Faure, de son déclic pendant la crise énergétique de l'hiver 2022-2023, et du problème concret que LibertéWatts résout.
Ensuite, côté RP, on a identifié les bons angles pour les bons médias : pouvoir d'achat pour la presse grand public, innovation énergétique pour la presse spécialisée, entrepreneuriat pour la presse économique régionale. Chaque pitch était personnalisé.
En parallèle, ils ont travaillé le SEO pour que leur site capte du trafic qualifié sur des requêtes liées à la sobriété énergétique et aux économies d'électricité.
Les résultats : en quelques semaines, ils sont passés de 500 à plus de 5 000 utilisateurs. Le trafic organique a explosé. Et surtout, la couverture presse a crédibilisé leur positionnement auprès de leurs partenaires. Guillaume le dit lui-même : les RP ont été un accélérateur.
L'arbitrage clé ? Investir d'abord dans le positionnement et le message avant de chercher la couverture médiatique. Beaucoup de startups veulent des articles tout de suite. Nous, on commence toujours par le « pourquoi on va parler de vous ».
Vous insistez sur l’alignement entre SEO, relations presse et signaux envoyés aux IA comme ChatGPT ou Google SGE. Comment travaille-t-on, très pratiquement, pour faire en sorte qu’une entreprise à impact remonte mieux dans ces environnements, sans tomber dans le greenwashing ou la sur-promesse ?
C'est un sujet central et assez nouveau. Aujourd'hui, quand quelqu'un pose une question à ChatGPT ou à Google SGE sur une thématique comme la mobilité durable ou la sobriété énergétique, l'IA va puiser sa réponse dans les sources les plus fiables et les plus citées du web. Autrement dit : si vous n'existez pas sur Google et que vous n'avez aucune retombée presse, vous n'existez pas non plus pour les IA.
Concrètement, ça se travaille sur trois niveaux. Premier niveau : le SEO. On optimise le site du client pour qu'il soit structuré, riche en contenu pertinent, techniquement solide. Ça envoie un signal de crédibilité aux moteurs de recherche, et par ricochet aux IA qui indexent ces mêmes contenus.
Deuxième niveau : les relations presse. Chaque article publié dans un média reconnu génère une source fiable, fact checké par un journaliste. Ce sont exactement les signaux que les IA utilisent pour évaluer l'autorité d'une entreprise sur un sujet.
Troisième niveau : la cohérence du message. Il faut que le site, les communiqués, les interviews, les contenus LinkedIn disent la même chose avec la même rigueur. Les IA détectent les incohérences et les sur-promesses.
Sur le greenwashing, notre position est très claire : on ne travaille qu'avec des entreprises à impact réel. On ne « verdit » pas un discours. On part de l'impact concret, mesurable, et on le traduit dans un langage que les journalistes, les moteurs de recherche et les IA peuvent comprendre. La meilleure protection contre le greenwashing, c'est de s'appuyer sur des faits, pas sur des promesses.
Les entreprises à impact ont souvent des moyens limités, beaucoup de convictions et parfois une défiance vis-à-vis du marketing. Quelles erreurs stratégiques voyez-vous le plus souvent (en termes de contenus, de choix de médias, de campagnes payantes) et comment vous les aidez à structurer une présence « crédible, utile, alignée avec leur mission » ?
La première erreur, c'est de confondre visibilité et notoriété. Beaucoup d'entreprises à impact publient énormément de contenu sur les réseaux sociaux mais sans stratégie éditoriale. Elles parlent à leur communauté existante, mais n'atteignent jamais de nouvelles audiences.
La deuxième, c'est de négliger le SEO. C'est frappant : des entreprises qui ont des solutions formidables mais dont le site est introuvable sur Google. Elles investissent parfois dans du SEA coûteux pour compenser, alors qu'un bon référencement naturel serait bien plus rentable et durable.
La troisième erreur, c'est le syndrome du « on ne veut pas faire de marketing ». Je le comprends. Beaucoup de fondateurs à impact ont une défiance légitime envers la communication classique, perçue comme artificielle ou manipulatrice. Mais il y a une différence fondamentale entre du marketing qui enjolive et de la communication qui met en lumière leur nature sans forcer le trait. Les Relations Presse passent par le filtre du journaliste. C'est éditorial, pas publicitaire. C'est exactement ce qui correspond aux valeurs de ces entreprises.
Notre rôle, c'est de les aider à structurer une présence qui soit crédible, utile et alignée avec leur mission. Ça passe par un travail de fond : comprendre l'identité de l'entreprise, définir une tonalité éditoriale qui lui ressemble, identifier les bons canaux, et surtout, mesurer les résultats. On reporte chaque campagne avec des indicateurs clairs : retombées, reach, backlinks SEO, AVE.
Vous affirmez que demain, il y aura d’un côté les entreprises qui auront structuré leur autorité (SEO, IA, médias) et de l’autre celles qui continueront à multiplier les actions sans cohérence. À quoi ressemblera, selon vous, une stratégie de visibilité vraiment performante pour une entreprise à impact dans 5 ans, et quels signaux faibles vous observez déjà aujourd’hui ?
Dans cinq ans, la stratégie de visibilité d'une entreprise à impact sera un écosystème intégré où SEO, RP et présence IA se renforceront mutuellement en continu. Les entreprises qui auront structuré leur autorité sur ces trois axes auront un avantage concurrentiel considérable. Les autres courront après.
Les signaux faibles que j'observe déjà aujourd'hui sont très concrets. D'abord, la montée en puissance des réponses IA dans les parcours d'information et de décision. De plus en plus de décideurs, d'acheteurs commencent leurs recherches par ChatGPT ou Perplexity avant même Google. Si votre entreprise n'apparaît pas dans ces réponses, vous perdez un point de contact crucial.
Ensuite, la fin du « content marketing de masse ». Google et les IA valorisent la profondeur, l'expertise, l'originalité. La qualité va définitivement l'emporter sur la quantité.
Enfin, je vois une convergence croissante entre crédibilité médiatique et performance commerciale. Les entreprises qui seront citées dans les bons médias, bien positionnées sur les bonnes requêtes et recommandées par les IA seront celles qui convertiront le plus efficacement. C'est un cercle vertueux.
En résumé, demain il y aura d'un côté les entreprises qui auront construit une vraie autorité : un socle solide de contenu, de citations presse et de signaux de confiance et de l'autre celles qui continueront à multiplier les actions sans cohérence. Nous travaillons avec les premières.
Pour conclure, quel conseil très concret donneriez-vous à un·e dirigeant·e de PME à impact qui lit cet entretien et se dit : « on fait un peu de tout en com’, mais on n’a aucune stratégie » ? Par quoi devrait-il/elle commencer dès ce mois-ci, sans forcément avoir un gros budget ?
Mon premier conseil : posez-vous une seule question. « Si un journaliste devait écrire un article sur vous demain, quel serait l'angle ? » Si vous n'avez pas de réponse claire en une phrase, c'est là qu'il faut commencer.
Concrètement, dès ce mois-ci, je recommanderais trois actions. La première : clarifiez votre message. Rédigez une page « À propos » de votre site qui réponde à quatre questions simples — quel problème vous résolvez, pour qui, et ce en quoi vous le faites différemment et de façon positive. Ce texte sera la base de tout le reste.
La deuxième : identifiez les cinq requêtes Google que vos clients potentiels tapent pour trouver une solution comme la vôtre. Vérifiez si vous apparaissez. Si non, commencez à produire un contenu de qualité sur chacune de ces requêtes. Pas besoin d'un gros budget : un bon article de blog bien structuré, optimisé SEO, vaut plus que dix posts sur les réseaux sociaux.
La troisième : passez à l'action en contactant trois journalistes, oui trois mais bien choisi, les trois qui sont la référence votre secteur. Avec un angle concret et personnalisé. « Vous avez écrit sur tel sujet, voici un de nos cas client qui illustre concrètement cette tendance. » C'est comme ça que commencent les meilleures relations presse.
Tout ça ne coûte quasiment rien, mais ça pose les fondations. Et quand vous serez prêt à accélérer, vous aurez un socle solide sur lequel construire.
Pour en savoir plus : https://www.425ppm.com