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Interview de Elsa Schuster de Teledec : Communiquer efficacement sans relations presse : stratégies et retours d’expérience

Elsa, pour commencer, pouvez-vous présenter Teledec en quelques mots, et expliquer en quoi votre positionnement de plateforme de télédéclaration fiscale en ligne vous a naturellement conduite à privilégier une communication directe plutôt que des relations presse classiques ?

Teledec est une plateforme en ligne qui permet à n'importe quelle entreprise (sociétés, indépendants, SCI, LMNP…) de faire ses télédéclarations fiscales simplement, sans logiciel à installer et sans abonnement. On existe depuis plus de dix ans, on est partenaire EDI habilité par l'État, et plus de 200 000 liasses sont passées par chez nous.

Le choix d'une communication directe est venu naturellement car nous sommes un SaaS : notre culture, c'est la mesure. Tout ce qu'on fait doit être traçable, comparable, ajustable... Pour une campagne Google Ads par exemple, on en connaît le ROAS au centime près, ou via un email CRM, on saura exactement combien il a généré de visites. Ce niveau de visibilité, c'est rassurant pour piloter une équipe et un budget, et c'est surtout ce qui permet d'arbitrer sereinement entre ce qui fonctionne et ce qu'il faut arrêter.

La RP traditionnelle est un excellent outil de notoriété, mais elle s'inscrit dans une logique différente. Le retour est plus diffus, plus long, plus difficile à attribuer. Ce n'est pas une opposition de principe, c'est plutôt un choix de méthode.

Teledec s’adresse à des publics très spécifiques (dirigeants de TPE/PME, experts-comptables, LMNP, SCI…). Concrètement, comment avez-vous construit vos contenus pédagogiques (guides, blog, tutoriels) pour répondre à leurs questions fiscales sans passer par le filtre des médias, et quels formats fonctionnent le mieux pour eux ?

On a commencé par poser les personas finement : un dirigeant de TPE qui découvre la liasse, un loueur en meublé qui passe au régime réel, un expert-comptable qui cherche une solution d'appoint : ce sont trois langages, trois niveaux d'expertise, trois moments d'achat différents. À partir de là, pour optimiser notre temps, on a plutôt structuré nos contenus par objectif et par étape du parcours.
Concrètement, on travaille quatre formats principaux. Les vidéo éducatives courtes sur YouTube Shorts et TikTok, qui touchent une cible en phase d’apprentissage. Ensuite les articles SEO de fond, qui traitent une question précise de bout en bout, par exemple "comment déclarer une SCI à l'IR". Ensuite les lead magnets, plus opérationnels, transforment une recherche d'info en relation suivie via une séquence CRM. Et enfin les webinaires, qu’on organise par besoin produit plutôt que par cible : la liasse simplifiée, le dépôt des comptes au greffe… Ils sont pensés pour répondre à un point que les utilisateurs comprennent mal, et ils fonctionnent pour tous les profils dès lors qu'ils ont ce besoin précis.
Les formats fonctionnent selon la situation du potentiel client et son niveau dans le funnel, par exemple une nouvelle loi de finance s’applique à lui mais il ne le sait, pas et ne fait pas de recherche en conséquence : c’est en tombant sur un Youtube Short ou un Tik Tok qu’il l’apprendra (ici il faudra se fier à l’algorithme). S'il a entendu dire qu'il pouvait être concerné sans que cela soit clair pour lui, il cherchera sur google et tombera probablement sur notre article (à nouveau, il faut bien le produire pour remonter dans les résultats de recherche). S’il souhaite ensuite savoir comment faire concrètement pour son cas, il cherchera un contenu actionnable type webinaire ou lead magnet, à partir de là nous pourrons avoir des échanges avec lui plus poussés via mail.

Vous existez depuis plus de dix ans et avez traité plus de 200 000 liasses fiscales : pouvez-vous partager un ou deux exemples précis où une action de contenu ou de pédagogie a produit des résultats bien plus probants qu’une campagne de relations presse traditionnelle n’aurait pu le faire ?

Le plus parlant cette année, c'est notre lancement sur le canal Meta ads. Via des vidéos éducatives sur les sujets fiscaux mélangeants conseils et présentation produit, on a généré des ventes avec un ROAS proche de 4. À côté de ça, on a poursuivi un travail systématique sur les avis clients, via Trustpilot et Google My Business (pour rassurer, et jouer la carte de la transparence).
Cette accumulation entre renforcement des investissements sur l’acquisition digitale et réassurance concernant les expériences clients passées (vérifiables par le futur client lui-même) a été la clé.

Le sujet fiscal est perçu comme technique, anxiogène et souvent rébarbatif. Quels sont les principaux défis que vous rencontrez lorsqu’il s’agit de simplifier ces enjeux sans RP, et quelles méthodes utilisez-vous pour rester à la fois accessible et irréprochable sur le plan réglementaire (agrément EDI DGFiP, conformité, etc.) ?

C'est effectivement une problématique permanente concernant le contenu fiscal, et on a fini par la résoudre en raisonnant par étape de funnel. Plus on est en haut, en TOFU, plus le message peut être simple, accessible, presque grand public : on cherche à éveiller l'intérêt, à faire comprendre qu'une solution existe. Plus on descend vers le MOFU puis le BOFU, plus le contenu devient technique et précis. Au moment de la conversion, l'utilisateur a besoin d'un niveau de précision irréprochable parce qu'il va engager sa responsabilité fiscale.
Ce raisonnement nous a beaucoup aidés. On ne cherche pas à tout dire dans un article, on cherche à dire la bonne chose au bon moment du parcours. Sur les contenus les plus techniques, on s'impose une étape de validation par l'équipe métier avant publication. On se positionne d'ailleurs en accompagnateur : notre rôle est de simplifier la démarche de déclaration fiscale, pas de se substituer au conseil d'un expert-comptable quand la situation l'exige. Cette posture est plus humble, plus juste, et au final plus crédible.
C'est une contrainte qui s'est transformée en force, parce qu'elle nous différencie sur un marché où l'à-peu-près est encore fréquent.

Votre modèle économique repose sur l’accessibilité (à partir de 99 € HT, sans abonnement ni logiciel). En quoi ce positionnement influence-t-il votre manière de communiquer sans relations presse : comment faites-vous pour rassurer sur la fiabilité et la légitimité de Teledec auprès de dirigeants qui ne vous découvrent que via vos contenus en ligne ?

Notre pricing à l'acte change profondément le rapport au prospect. À partir de 99 € HT sans abonnement, la décision se prend plus vite, à condition que tous les signaux de confiance soient bien en place.
Notre meilleur outil de réassurance, ce sont nos avis. On affiche une excellente note Trustpilot (4,9/5) avec plusieurs centaines d'avis vérifiés. Nos clients parlent à nos futurs clients, il n'y a rien de plus convaincant ! Aujourd'hui, tout le monde sait vérifier la fiabilité d'une entreprise en deux clics sur Google. Un avis client honnête, daté, lisible directement par le visiteur, a beaucoup plus de crédit qu'une citation dans un média que l'on pourrait soupçonner d'avoir été achetée et arrangée à notre avantage.
À cela on ajoute d'autres signaux concrets et vérifiables : notre statut de partenaire EDI agréé par la DGFiP et notre adhésion à EDIFICAS. Notre appartenance désormais au groupe européen Visma, qui apporte une caution institutionnelle forte. Notre ancienneté, plus de dix ans, et le compteur de liasses déjà déclarées. Notre pricing est entièrement public, sans astérisque ni surprise. Et le parcours est conçu pour qu'on puisse tester la plateforme avant de mettre les infos de paiement, ce qui lève la dernière hésitation.
C'est cet ensemble qui crée la confiance selon nous, avec une mention spéciale à notre support, humain, juste, et réactif, qui rassure beaucoup nos clients.

Avec la généralisation des services en ligne et l’évolution des règles fiscales, comment imaginez-vous l’avenir d’une stratégie de communication « sans RP » pour une solution comme Teledec : quels nouveaux leviers (communautaires, partenariats, data, automation, etc.) vous paraissent les plus prometteurs pour les 3 à 5 prochaines années ?

Un point important à préciser selon moi : nous ne disons pas que la RP est dépassée, et nous n'excluons pas d'y revenir si une actualité forte le justifie.
Sur les tendances qui arrivent, je crois beaucoup au fait que le BtoC donne la tendance au BtoB. Les usages testés sur le grand public finissent toujours par irriguer nos secteurs avec quelques années de décalage : la vidéo courte, les micro-créateurs spécialisés, la recherche conversationnelle via IA, les communautés thématiques. Tout cela vient à nous, qu'on le veuille ou non.
Trois leviers me semblent particulièrement prometteurs. Le GEO/SEO, ou l'optimisation pour les moteurs IA générative (la barrière entre le GEO et le SEO est d'ailleurs toujours assez floue, si elle existe réellement ... à débattre !). On voit déjà arriver nos premières ventes attribuées à ChatGPT, encore modestes en volume mais le signal est clair : préparer ses contenus pour être correctement compris et restitués par l'IA va devenir une compétence aussi structurante que le SEO l'a été. Les communautés métier, ensuite, où l'autorité se construit par la contribution réelle et où la relation est beaucoup plus saine que sur les canaux publicitaires saturés. Et bien sûr les partenariats et l'affiliation, qui structurent l'écosystème et qui sont devenus un canal d'acquisition à part entière.

Pour conclure, quel conseil donneriez-vous à une petite structure qui, comme Teledec à ses débuts, n’a pas les moyens ou l’envie de faire des relations presse, mais souhaite construire une communication efficace et durable directement avec ses clients ?

Le tout premier conseil, parce qu'il conditionne tous les autres : il n'y a pas de bon marketing sans un bon produit. Aucun investissement de communication ne rattrape un produit qui déçoit... Avant de penser canal, il faut s'assurer que ce qu'on propose tient ses promesses et résout réellement un problème.
Ensuite, je dirais trois choses : premièrement privilégier l'humain et l'authentique, surtout quand on démarre (et cela passe par la qualité de notre support client). Sans marque établie, on n'a que sa sincérité, son écoute, et sa cohérence. Les premiers clients qui parlent d'une jeune marque sont ses meilleurs ambassadeurs, à condition qu'ils aient vécu une vraie expérience.
Ensuite, construire un contenu qui répond à un besoin précis, c'est chronophage mais efficace. Ce qui est aussi vrai sur le SEO : plus le message est ajusté, plus il convertit. Et c'est dans cette précision que l'on bâtit son autorité progressivement.
Et enfin mesurer dès le départ ! C'est sans doute le conseil le moins glamour mais le plus structurant. Mettre en place un tracking propre, un tableau de KPI (pas trop de KPI à la fois, juste quelques-uns par canal selon les objectifs), c'est ce qui permet de prioriser sereinement et de se concentrer là où le retour sur investissement est satisfaisant. Sans mesure, on prend des décisions à l'aveugle, et on disperse ses moyens.

Pour en savoir plus : https://www.teledec.fr/presentation

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