Media | Soumettre un communiqué de presse
Comment le reporter du futur design thinking transforme la relation presse : nouvelles méthodes d’enquête, co-création avec les publics, data, éthique et innovation éditoriale en entreprise.
Comment le reporter du futur utilise le design thinking pour réinventer la relation presse

Pourquoi le reporter du futur doit penser comme un designer

Un changement de posture pour la relation presse

Dans beaucoup d’équipes communication, la relation presse reste encore un processus linéaire : on reçoit un brief, on rédige un communiqué, on envoie, puis on attend les retombées. La pensée design, ou design thinking, propose une autre maniere de travailler : partir des utilisateurs (journalistes, analystes, influenceurs, clients finaux), comprendre leurs problemes, puis co-construire une solution avec eux.

Le reporter du futur ne se contente plus de produire un contenu type communiqué. Il pilote un projet innovant à chaque prise de parole, avec un véritable processus design : observation, définition du probleme, production idees, prototypage test, ajustements. Cette logique, issue du design et de l’innovation technologie, transforme la relation presse en un terrain d’expérience et d’innovation continue.

Du communiqué figé au projet d’expérience média

Appliquer le design thinking à la relation presse, ce n’est pas ajouter un jargon de plus. C’est considérer chaque prise de parole comme un produit service à part entière, avec ses utilisateurs, son contexte, ses contraintes de politique confidentialite, ses objectifs business.

Concrètement, le reporter du futur :

  • traite chaque annonce comme un projet avec des etapes claires, plutôt qu’une simple tâche de rédaction ;
  • travaille avec une equipe pluridisciplinaire (marketing, produit, juridique, data, support) pour enrichir le récit ;
  • utilise des outils inspirés du design sprint et du sprint design pour cadrer rapidement le message ;
  • met en place des boucles de retours utilisateur avec les journalistes et les publics finaux ;
  • teste des formats minimum viable, proches du produit type minimum viable, avant un déploiement massif.

Cette approche par projet permet de passer d’une logique de diffusion à une logique d’experience utilisateurs : comment le contenu est-il réellement reçu, compris, réutilisé, partagé ?

La divergence et la convergence au service des messages

Le cœur du thinking design, c’est l’alternance entre divergence convergence. En phase de divergence, l’equipe explore un maximum de pistes : angles éditoriaux, formats, canaux, timing, données à mettre en avant. En phase de convergence, elle sélectionne les options les plus pertinentes pour les utilisateurs et pour la stratégie de l’entreprise.

Pour un reporter du futur, cela signifie :

  • accepter une phase de production idees très large, grâce à des thinking techniques simples (brainstorming guidé, cartes d’empathie, scénarios d’usage) ;
  • puis réduire, prioriser, clarifier, afin d’aboutir à un message clair, actionnable, aligné avec la stratégie globale ;
  • documenter ces choix pour renforcer la crédibilité et la traçabilité du projet.

Les entreprises innovantes utilisent déjà cette logique pour concevoir un produit ou un service. Le reporter du futur l’applique à ses contenus, à ses dossiers de presse, à ses pitchs, mais aussi à ses relations quotidiennes avec les médias.

Un rôle de facilitateur entre l’entreprise et ses publics

Dans cette approche, le reporter du futur devient un facilitateur entre l’equipe interne et les publics externes. Il ne se contente pas de relayer un message ; il aide l’organisation à clarifier la definition probleme : quel enjeu réel voulons-nous adresser pour nos clients, nos partenaires, nos communautés, et pour les journalistes qui les informent ?

Pour cela, il s’appuie sur :

  • des techniques d’écoute et d’analyse des besoins des utilisateurs ;
  • des formats courts de design sprint ou de sprint design pour aligner rapidement les parties prenantes ;
  • des outils collaboratifs pour faire circuler l’information et les insights au sein de l’equipe pluridisciplinaire.

Cette posture de facilitateur est renforcée par l’usage d’outils IA pour la gestion communautaire, qui permettent de mieux capter les signaux faibles, les réactions et les attentes des audiences. Ces données alimentent ensuite les phases d’empathie, de prototypage et de test.

Pourquoi cette approche renforce la crédibilité en relation presse

Les études en communication et en management de l’innovation montrent que les démarches centrées utilisateur améliorent la pertinence des messages et la confiance accordée aux organisations (voir par exemple les travaux publiés dans les revues spécialisées en communication des organisations et en design de services). En appliquant un processus design rigoureux, le reporter du futur :

  • ancre ses contenus dans des besoins réels, identifiés et documentés ;
  • réduit le risque de décalage entre le discours officiel et l’experience vécue par les publics ;
  • peut démontrer, sources à l’appui, comment les messages ont été testés et ajustés grâce aux retours utilisateur ;
  • installe une culture de transparence compatible avec les exigences de politique confidentialite et de conformité.

Cette crédibilité sera encore renforcée lorsque l’on abordera l’empathie envers les publics, la co-création des récits, le prototypage test des formats et la mise en place d’une culture d’expérimentation structurée en relation presse.

Comprendre les publics avant de rédiger : l’empathie comme point de départ

Mettre l’empathie au cœur du travail de relation presse

Dans une démarche de design thinking appliquée à la relation presse, tout commence par l’empathie. Avant de rédiger un communiqué, de lancer un projet innovant de contenu ou de préparer un pitch, le reporter du futur cherche à comprendre en profondeur les utilisateurs de l’information : journalistes, analystes, clients finaux, partenaires, mais aussi équipes internes.

Cette première étape du processus design consiste à observer, écouter et questionner. L’objectif n’est pas seulement de collecter des données, mais de saisir le contexte, les contraintes, les attentes, les frustrations et les habitudes de consommation d’information. C’est ce travail d’enquête qui permet ensuite de définir une solution éditoriale réellement utile, plutôt qu’un simple contenu de plus dans un flux déjà saturé.

Les études sur l’impact de la presse numérique sur les entreprises montrent que les publics sont de plus en plus sélectifs. Ils attendent une expérience d’information claire, contextualisée, crédible et adaptée à leurs usages numériques. L’empathie devient donc un levier stratégique pour renforcer la confiance et la pertinence des messages.

Identifier les vrais besoins des journalistes et des audiences

La définition du problème est une étape clé du processus de design thinking. En relation presse, cela signifie reformuler la demande interne (par exemple « annoncer un nouveau produit ») en un enjeu centré sur les utilisateurs : « comment aider les journalistes à comprendre rapidement la valeur de ce produit service dans leur propre angle éditorial ? ».

Pour y parvenir, le reporter du futur mobilise différentes techniques d’écoute et d’analyse :

  • Entretiens qualitatifs avec des journalistes pour comprendre leurs contraintes de temps, leurs formats préférés, leurs critères de sélection de sujets.
  • Analyse des retours utilisateur sur les précédentes campagnes (questions reçues, incompréhensions, angles réellement repris).
  • Observation des produits type de contenus qui fonctionnent le mieux dans un secteur donné (dossiers, tribunes, études, formats courts, vidéos).
  • Prise en compte des exigences de politique de confidentialité et de transparence, qui influencent la manière de présenter les données et les preuves.

Cette phase de compréhension permet de distinguer les vrais problèmes des suppositions internes. Par exemple, le problème n’est pas toujours « les journalistes ne relaient pas nos annonces », mais parfois « notre message n’est pas suffisamment clair pour leur audience » ou « notre angle n’apporte pas d’innovation par rapport à ce qui existe déjà ».

Utiliser les outils du design pour cartographier les publics

Le reporter du futur s’appuie sur des outils issus du design thinking pour structurer cette compréhension des publics. L’objectif est de rendre visible la complexité des audiences et de faciliter le travail de l’équipe pluridisciplinaire qui intervient sur le projet de relation presse (communication, marketing, produit, juridique, direction).

Parmi les outils les plus utiles :

  • Personas : profils synthétiques de journalistes ou d’influenceurs, décrivant leurs objectifs, leurs contraintes, leurs sujets de prédilection, leurs canaux favoris.
  • Cartographie de l’expérience : visualisation des étapes par lesquelles passent les utilisateurs lorsqu’ils découvrent une information (alerte mail, réseau social, site média, site de l’entreprise), avec les points de friction et les opportunités.
  • Empathy map : outil pour formaliser ce que les publics voient, entendent, pensent, ressentent et font face à un contenu de relation presse.

Ces outils ne sont pas réservés aux entreprises innovantes ou à l’innovation technologie. Ils peuvent être adaptés à tout type de secteur, dès lors que l’on souhaite structurer une démarche de pensée design et sortir d’une approche purement intuitive.

Structurer la démarche avec divergence et convergence

Dans cette phase d’empathie, le reporter du futur alterne entre divergence et convergence. En divergence, il collecte un maximum d’informations, de signaux faibles, de retours utilisateur, sans juger ni filtrer. En convergence, il synthétise, hiérarchise et sélectionne les éléments les plus utiles pour la suite du projet.

Ce mouvement est au cœur des thinking techniques utilisées en design thinking et en design sprint :

  • Phase divergente : interviews, veille médias, analyse des réseaux sociaux, ateliers avec l’équipe interne pour lister toutes les perceptions possibles.
  • Phase convergente : regroupement des insights, identification de thèmes récurrents, formulation d’une définition problème claire et partagée.

Cette manière de travailler évite de se précipiter sur une solution de contenu avant d’avoir compris les attentes réelles. Elle prépare aussi le terrain pour les étapes suivantes de production d’idées, de prototypage test et de diffusion.

Impliquer une équipe pluridisciplinaire dès la phase d’empathie

La compréhension des publics ne doit pas être l’affaire d’une seule personne. Une équipe pluridisciplinaire permet de croiser les regards et d’enrichir l’analyse. Dans un projet de relation presse, cela peut inclure :

  • Les responsables communication et RP, garants de la cohérence du message.
  • Les équipes produit ou service, qui apportent la connaissance technique et métier.
  • Les équipes marketing, qui connaissent les segments de clients et les parcours d’utilisateurs.
  • Les équipes juridiques, qui veillent au respect de la politique de confidentialité et des obligations réglementaires.

Cette collaboration en amont facilite ensuite les phases de prototypage test et de mise en place d’un minimum viable de dispositif RP. Elle renforce aussi la crédibilité des contenus, car chaque partie prenante a pu exprimer ses contraintes et valider la définition des enjeux.

Préparer les futures étapes du sprint design éditorial

En prenant le temps de comprendre les publics, le reporter du futur pose les bases d’un véritable sprint design appliqué à la relation presse. Cette phase d’empathie alimente directement :

  • La génération et la production d’idées de formats et d’angles éditoriaux.
  • Le choix des supports à prototyper (communiqué, dossier, pitch, contenu numérique, produit service éditorial).
  • La définition d’un produit type minimum viable en termes de contenu RP, à tester rapidement auprès d’un petit nombre de journalistes.

Le prototypage test qui interviendra ensuite s’appuiera sur ces premiers retours utilisateur pour ajuster le message, le ton, la structure et les preuves. C’est cette continuité entre empathie, processus design et expérimentation qui permet de transformer la relation presse en véritable projet innovant, aligné sur les attentes des publics et sur les objectifs stratégiques de l’entreprise.

Co-créer les récits avec les parties prenantes de l’entreprise

Passer du communiqué imposé au récit co-construit

Dans une logique de pensee design, la relation presse ne se résume plus à envoyer un communiqué figé à des journalistes. Le reporter du futur travaille son projet comme un produit service éditorial, co-construit avec les parties prenantes de l’entreprise et, autant que possible, avec les utilisateurs finaux de l’information.

Cette approche change la definition du probleme : il ne s’agit plus seulement de « faire parler de l’entreprise », mais de créer une experience utile pour chaque public. Le processus design s’applique alors à la relation presse elle-même, avec des etapes claires de compréhension, de co-création, de prototypage test et d’ajustement continu.

Identifier les bonnes parties prenantes dès le départ

Co-créer un récit suppose d’abord de réunir une equipe pluridisciplinaire. Dans les entreprises innovantes, le reporter du futur ne travaille pas seul dans son coin. Il implique :

  • les équipes produit et innovation technologie, qui connaissent les problemes concrets des clients ;
  • le juridique et la conformité, pour intégrer dès le début les contraintes de politique confidentialite et de données sensibles ;
  • le marketing et l’expérience utilisateurs, qui apportent les retours utilisateur issus du terrain ;
  • le service client, souvent le plus proche des attentes réelles des publics ;
  • la direction, pour aligner le récit avec la stratégie globale du projet innovant.

Cette maniere de travailler permet de clarifier la definition probleme avant même de rédiger la moindre ligne. On ne parle plus seulement du produit type, mais de la solution qu’il apporte, dans un contexte précis, à des utilisateurs identifiés.

Utiliser les techniques de divergence et convergence pour produire les idées

La co-création éditoriale gagne en efficacité lorsque l’on applique les principes de design thinking et de design sprint. Le reporter du futur anime des sessions courtes, inspirées du sprint design, pour structurer la production idees autour de la relation presse.

Deux temps sont essentiels :

  • Divergence : générer un maximum d’angles, de formats, de messages possibles, sans censure. C’est le moment de la creativite, où l’equipe explore différentes solutions narratives, des interviews aux dossiers thématiques, en passant par des contenus pédagogiques ou des données exclusives.
  • Convergence : sélectionner les pistes les plus pertinentes au regard des objectifs, des contraintes de politique confidentialite et des attentes des utilisateurs. On priorise ce qui a le plus de valeur pour les médias et pour les publics finaux.

Ces thinking techniques de divergence convergence évitent de retomber systématiquement sur les mêmes formats de communiqué. Elles ouvrent la voie à des récits plus riches, mieux ancrés dans la réalité du projet et de ses utilisateurs.

Co-construire les messages clés avec les experts internes

Dans ce processus, le reporter du futur joue un rôle de facilitateur. Il aide les experts internes à transformer un discours technique en histoire compréhensible. La definition des messages clés se fait à plusieurs, en s’appuyant sur :

  • les problemes concrets rencontrés par les utilisateurs ;
  • les bénéfices réels du produit ou du produit service ;
  • les preuves disponibles (données, cas d’usage, retours terrain) ;
  • les contraintes de confidentialité et de calendrier.

Le résultat n’est pas un discours marketing plaqué, mais un récit partagé, que l’equipe pluridisciplinaire peut assumer face aux médias. Cette co-construction renforce la crédibilité et l’alignement interne, deux éléments clés pour inspirer confiance aux journalistes et aux publics.

Intégrer les outils collaboratifs et l’IA dans le processus

La co-création éditoriale s’appuie aussi sur des outils numériques collaboratifs. Les plateformes de gestion de projet, les espaces de rédaction partagée ou encore les solutions d’IA générative permettent de structurer le processus design et de gagner du temps sur les tâches répétitives.

Dans ce cadre, le reporter du futur peut, par exemple, utiliser des outils IA pour accélérer la préparation des contenus, tout en gardant la main sur la ligne éditoriale et la vérification des informations. L’IA devient un support à la creativite et à l’itération, pas un substitut au jugement humain.

Tester les récits en continu auprès des utilisateurs

Co-créer avec les parties prenantes internes ne suffit pas. Dans une logique de thinking design, le reporter du futur cherche des retours utilisateur le plus tôt possible. Avant de lancer une campagne de relation presse à grande échelle, il peut :

  • présenter un premier récit à un petit panel de clients ou de partenaires ;
  • tester différentes versions de messages sur des canaux numériques à faible risque ;
  • observer les réactions, les questions, les incompréhensions éventuelles.

Ces tests s’apparentent à un minimum viable éditorial, proche de ce que l’on trouve dans un design sprint. On ne déploie pas encore la version finale, mais un récit suffisamment abouti pour recueillir des signaux utiles. Les retours utilisateur alimentent ensuite un cycle d’innovation continue sur les contenus, en lien avec les autres etapes du processus design.

Faire de la co-création un réflexe dans les entreprises innovantes

Dans les entreprises innovantes, la co-création des récits de relation presse devient progressivement un réflexe. Elle s’inscrit dans une culture plus large de projet innovant, où chaque campagne est l’occasion d’apprendre sur les utilisateurs, sur le produit et sur les formats qui fonctionnent le mieux.

Le reporter du futur ne se contente plus de relayer l’information. Il orchestre un véritable processus de design thinking appliqué à la communication, en mobilisant une equipe pluridisciplinaire, des outils adaptés et des techniques de thinking design. Cette approche renforce la cohérence entre ce que l’entreprise fait, ce qu’elle dit et ce que ses utilisateurs vivent réellement.

Prototyper les formats de relation presse avant de les généraliser

Passer du communiqué figé au prototype vivant

Dans une logique de design thinking, un contenu de relation presse ne devrait jamais sortir directement en version finale. Il gagne à passer par un prototypage test, comme un produit type ou un minimum viable que l’on confronte rapidement aux utilisateurs : journalistes, analystes, influenceurs, mais aussi équipes internes.

On ne parle plus seulement de rédiger un communiqué, mais de concevoir un produit service éditorial, avec un processus design structuré :

  • définition probleme : quel enjeu précis de visibilité ou de compréhension voulons nous résoudre ?
  • production idees : quelles solutions éditoriales possibles (dossier, pitch court, fiche data, vidéo courte, FAQ, note off) ?
  • prototypage test : comment mettre ces idées en forme rapidement pour les tester ?

Ce changement de maniere de travailler rapproche la relation presse des entreprises innovantes qui conçoivent leurs produits via la pensee design et l’innovation technologie.

Organiser un sprint design appliqué à la relation presse

Pour aller vite sans sacrifier la qualité, la méthode du design sprint (ou sprint design) est particulièrement adaptée. L’idée est de concentrer en quelques jours toutes les etapes clés du processus design thinking autour d’un même projet innovant de communication.

Un sprint dédié à une annonce stratégique peut par exemple se dérouler ainsi :

  • Jour 1 : clarification du contexte, cartographie des utilisateurs (journalistes, partenaires, clients), définition probleme à résoudre (mauvaise compréhension d’un sujet complexe, faible reprise d’un angle, etc.).
  • Jour 2 : divergence convergence sur les formats et messages. Phase de divergence pour générer un maximum d’idées, puis convergence pour sélectionner les pistes les plus pertinentes.
  • Jour 3 : création de prototypes de contenus (communiqué raccourci, fiche Q&R, visuels, pitch oral, mini dossier thématique).
  • Jour 4 : tests rapides auprès d’un panel restreint d’utilisateurs internes ou externes, recueil de retours utilisateur, ajustements.

Ce format court oblige l’equipe pluridisciplinaire à se concentrer sur l’experience réelle des utilisateurs et non sur ses seules habitudes de rédaction. Il renforce aussi la creativite en donnant un cadre clair aux phases de divergence convergence.

Impliquer une equipe pluridisciplinaire dans le prototypage

Le prototypage de formats RP gagne en pertinence lorsqu’il est porté par une equipe pluridisciplinaire. Au lieu de laisser la seule équipe communication décider, on associe :

  • les responsables métier, qui apportent la definition précise des sujets et des problemes à traiter ;
  • les équipes produit, qui ont l’habitude des techniques de prototypage test et de minimum viable ;
  • les équipes data ou marketing, qui maîtrisent les outils de mesure et les retours utilisateur ;
  • les juristes, qui veillent au respect de la politique confidentialite et des contraintes réglementaires ;
  • les communicants, garants de la cohérence éditoriale et de l’experience globale des utilisateurs.

Cette combinaison de regards permet de transformer un simple communiqué en véritable projet de innovation éditoriale, où chaque prototype de contenu est pensé comme un produit à part entière, avec son processus, ses tests et ses apprentissages.

Choisir les bons niveaux de fidélité pour les prototypes

En relation presse, le prototypage test ne signifie pas forcément maquette sophistiquée. Comme dans tout projet innovant de design, il est utile de jouer sur différents niveaux de fidélité :

  • Prototypes basse fidélité : structure de communiqué sur un document simple, schéma de storytelling, plan de questions réponses, maquette de mail en texte brut. Objectif : valider la logique, la hiérarchie de l’information, la definition probleme.
  • Prototypes moyenne fidélité : version quasi finalisée du texte, intégration de premiers visuels, simulation d’envoi à un petit groupe de journalistes ou d’utilisateurs internes.
  • Prototypes haute fidélité : kit RP complet prêt à être diffusé à grande échelle, mais encore ajustable selon les retours utilisateur.

Ce jeu sur les niveaux de fidélité permet de limiter les coûts, de réduire les risques d’erreur et d’optimiser la experience des utilisateurs finaux avant la diffusion massive.

Utiliser les bonnes techniques et outils pour tester les formats

Pour que le thinking design ne reste pas théorique, il faut des techniques concrètes et des outils adaptés. Plusieurs approches simples peuvent être intégrées au quotidien :

  • Tests A/B sur les objets d’email ou les accroches de communiqué, afin d’identifier la solution la plus performante.
  • Entretiens courts avec quelques journalistes ou relais d’opinion, pour comprendre leur experience de lecture et leurs attentes.
  • Simulations internes : l’equipe joue le rôle des différents utilisateurs (rédacteur, chef de rubrique, analyste) et challenge le contenu.
  • Design sprint ciblé sur un seul format (par exemple le pitch mail), pour explorer rapidement plusieurs variantes.

Ces thinking techniques permettent de transformer la relation presse en véritable laboratoire d’innovation, où chaque nouveau format est le résultat d’un processus design structuré plutôt que d’une simple intuition.

Intégrer le prototypage dans le processus global de pensee design

Le prototypage ne se résume pas à une étape isolée. Il s’inscrit dans un processus continu qui relie l’empathie pour les utilisateurs, la definition probleme, la production idees et les tests. En relation presse, cela signifie :

  • partir des problemes concrets rencontrés par les journalistes et les publics (surcharge d’informations, manque de clarté, formats peu adaptés) ;
  • concevoir des solutions éditoriales variées grâce à la creativite de l’equipe pluridisciplinaire ;
  • prototyper rapidement ces formats, dans un esprit de design sprint ;
  • analyser les retours utilisateur pour améliorer en continu le produit service éditorial.

En adoptant cette logique de pensee design, la relation presse devient un champ d’innovation à part entière, aligné sur les pratiques des entreprises innovantes et capable de créer des expériences réellement utiles pour les utilisateurs.

Mesurer l’impact réel des contenus au-delà des retombées presse

Passer des retombées presse aux indicateurs d’expérience

Mesurer l’impact réel d’un projet de relation presse, ce n’est plus seulement compter les articles ou les mentions. Dans une logique de design thinking, on évalue surtout l’expérience des utilisateurs : journalistes, influenceurs, clients finaux, partenaires. La question devient : dans quelle mesure notre récit a-t-il aidé ces publics à mieux comprendre le produit service, l’innovation ou la solution proposée par l’entreprise ?

On reste dans la continuité de la pensee design : partir du contexte, des problemes concrets, puis suivre les etapes du processus design jusqu’aux retours terrain. Les retombées presse ne sont alors qu’un signal parmi d’autres, au même titre que les retours utilisateur issus d’un prototypage test ou d’un design sprint.

Définir des indicateurs alignés sur la définition du problème

Dans une démarche de thinking design, la definition probleme formulée au départ conditionne les indicateurs à suivre. Si le problème est mal posé, les métriques seront trompeuses. L’equipe pluridisciplinaire qui pilote le projet de relation presse doit donc relier clairement :

  • la definition du problème de communication ou de réputation ;
  • les objectifs du projet innovant (notoriété, pédagogie, confiance, génération de leads, recrutement, etc.) ;
  • les indicateurs quantitatifs et qualitatifs réellement utiles.

On ne mesure pas de la même manière un lancement de produit type minimum viable qu’une prise de parole sur une nouvelle innovation technologie. Dans le premier cas, on suivra davantage les signaux liés à l’intention d’achat et aux tests du produit. Dans le second, on regardera plutôt la compréhension du sujet, la crédibilité perçue et la capacité à nourrir le débat dans les médias spécialisés.

Combiner données quantitatives et qualitatives

Le reporter du futur travaille comme une equipe de design sprint : il croise les données chiffrées avec les retours de terrain. Cette combinaison permet de mieux comprendre l’experience globale des publics et d’ajuster le processus de relation presse.

Parmi les données quantitatives, on peut suivre par exemple :

  • le volume et la qualité des retombées (tonalité, supports, rubriques) ;
  • la portée et l’engagement sur les contenus numériques (clics, temps de lecture, partages) ;
  • les visites sur les pages de produit ou de produit service liées à la campagne ;
  • les demandes d’informations ou de démonstrations générées.

Côté qualitatif, les techniques inspirées du design thinking sont précieuses :

  • entretiens courts avec des journalistes pour comprendre leur experience du pitch ;
  • feedbacks structurés des équipes commerciales ou support client ;
  • analyse des questions récurrentes posées par les utilisateurs finaux ;
  • revue collective des contenus avec une equipe pluridisciplinaire (communication, produit, juridique, data, etc.).

Ce mélange de données permet de dépasser la simple logique de visibilité pour entrer dans une logique d’impact réel sur la compréhension et la confiance.

Utiliser les outils du design pour suivre l’impact dans le temps

Les entreprises innovantes ne se contentent plus de bilans ponctuels. Elles mettent en place un processus design continu, avec des outils simples mais structurants pour suivre l’impact de leurs actions de relation presse dans la durée.

Par exemple :

  • des cartes d’experience utilisateurs qui visualisent le parcours d’un journaliste ou d’un influenceur, de la réception du pitch à la publication ;
  • des tableaux de bord qui relient chaque action de relation presse à un objectif du projet global ;
  • des sessions régulières de revue de campagne, menées comme un sprint design : analyse, divergence convergence, priorisation des améliorations.

Dans cette logique, la production idees ne s’arrête pas après la diffusion d’un communiqué. Les données collectées alimentent de nouvelles pistes de formats, de messages, de canaux. On reste dans un cycle continu de test, apprentissage, ajustement.

Mesurer l’impact sur la confiance et la clarté

Un des apports majeurs du design thinking en relation presse est de remettre la confiance et la clarté au centre. L’impact réel ne se limite pas à la visibilité ; il se mesure aussi à la capacité de l’entreprise à expliquer ses solutions, ses produits et ses choix de manière transparente.

Concrètement, cela peut passer par :

  • des enquêtes de perception auprès des publics clés sur la compréhension de l’offre et de la definition de la valeur ;
  • l’analyse des questions sensibles (données, sécurité, politique confidentialite) qui émergent dans les médias et sur les réseaux ;
  • la capacité de l’entreprise à répondre de façon cohérente et pédagogique dans le temps.

Ces éléments sont plus difficiles à quantifier, mais ils sont essentiels pour juger de la solidité d’un projet innovant et de la crédibilité de l’entreprise dans son écosystème.

Relier l’impact média à l’impact business

Enfin, mesurer l’impact réel des contenus suppose de relier le travail de relation presse aux résultats business, sans tomber dans une vision simpliste. Le reporter du futur travaille avec les autres équipes pour comprendre comment les actions de communication contribuent, directement ou indirectement, à la performance globale.

Quelques pistes, à adapter selon le contexte et le type de produit service :

  • corréler les pics de visibilité avec les demandes de démonstration ou d’essai de produit type minimum viable ;
  • suivre l’évolution du taux de conversion sur les pages clés après une campagne médiatique ;
  • observer l’impact sur le recrutement, les partenariats ou les appels entrants d’autres entreprises innovantes ;
  • intégrer les signaux issus des médias dans les décisions de roadmap produit ou de priorisation des projets.

Dans cette maniere de faire, la relation presse devient une composante à part entière du projet d’innovation, au même titre que le développement du produit ou le marketing. Le processus de mesure n’est plus un simple reporting, mais un levier de creativite et d’amélioration continue, nourri par les retours utilisateur et par les enseignements tirés de chaque campagne.

Installer une culture d’expérimentation en relation presse

Faire de l’expérimentation un réflexe quotidien

Installer une culture d’expérimentation en relation presse, c’est accepter que chaque projet soit un terrain d’essai contrôlé. Le design thinking apporte un cadre : on part de la definition probleme, on explore plusieurs solutions, puis on teste rapidement auprès des utilisateurs internes et externes.

Concrètement, l’équipe RP ne se contente plus de produire un produit type comme un simple communiqué standard. Elle conçoit un processus design où chaque contenu, chaque format, chaque pitch devient un mini projet innovant avec des etapes claires : exploration, idéation, prototypage test, ajustement, déploiement.

Structurer l’expérimentation avec la logique divergence convergence

La pensée design repose sur un mouvement de divergence convergence. En relation presse, cela signifie :

  • Divergence : produire des idées de formats, d’angles, de messages, grâce à des thinking techniques simples (brainstormings courts, cartes d’empathie, mapping de contexte média).
  • Convergence : sélectionner les pistes les plus pertinentes en fonction de l’experience des journalistes, des attentes des utilisateurs finaux et des objectifs business.

Cette maniere de travailler évite de s’enfermer dans un seul format de produit service RP. On teste plusieurs options à petite échelle, comme un minimum viable de campagne, puis on amplifie ce qui fonctionne vraiment.

Mobiliser une équipe pluridisciplinaire autour des projets RP

Une véritable culture d’expérimentation suppose une equipe pluridisciplinaire. La relation presse ne peut plus être isolée. Elle doit s’appuyer sur :

  • le marketing, pour relier les messages RP à l’experience globale des utilisateurs ;
  • le produit, pour comprendre les problemes réels que le produit service résout ;
  • le juridique, pour intégrer dès le départ les contraintes de politique confidentialite ;
  • le digital, pour suivre les données d’engagement et les retours utilisateur.

Cette equipe devient un petit laboratoire d’innovation RP. Elle applique les principes de pensee design : observation, co-création, tests rapides, amélioration continue. Les entreprises innovantes qui fonctionnent ainsi alignent mieux leurs messages RP avec la réalité du produit et les attentes des publics.

Intégrer les outils du design sprint dans le quotidien RP

Pour que l’expérimentation ne reste pas un concept, il faut des outils et des rituels. Le design sprint et le sprint design offrent un cadre très opérationnel, inspiré des entreprises innovantes en innovation technologie.

En relation presse, un sprint de quelques jours peut servir à :

  • clarifier la definition du message clé et la definition probleme à adresser ;
  • générer une forte production idees d’angles et de formats ;
  • créer un prototypage test de communiqué, dossier, pitch ou contenu social ;
  • recueillir des retours utilisateur rapides (journalistes, partenaires, clients pilotes) ;
  • ajuster le processus avant un lancement plus large.

Ce type de projet court permet de tester une solution RP sans mobiliser des ressources pendant des mois. On reste dans l’esprit du minimum viable : juste assez de contenu pour apprendre, pas plus.

Faire de la créativité un indicateur de performance

Une culture d’expérimentation en relation presse valorise la creativite autant que les résultats chiffrés. Les techniques de thinking design encouragent l’équipe à explorer des formats nouveaux, à adapter le produit service RP au contexte média, et à mieux prendre en compte les utilisateurs finaux.

Les indicateurs évoluent alors :

  • on ne mesure plus seulement le volume de retombées, mais la qualité de l’experience pour les journalistes et les publics ;
  • on suit le nombre de tests menés, de prototypes réalisés, de processus design améliorés ;
  • on documente les apprentissages issus de chaque projet innovant.

Peu à peu, la relation presse devient un champ d’innovation à part entière, structuré par le design, le thinking et une attention constante aux utilisateurs. Cette approche renforce la crédibilité de la fonction RP au sein de l’entreprise et aligne mieux la communication avec la réalité du terrain.

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